Obésité et génétique

Qu’est-ce que l’obésité?

L’obésité est définie comme une accumulation anormale ou excessive de graisse qui peut nuire à la santé (1). Parmi les différentes méthodes de mesure et de classification de l’obésité, l’indice de masse corporelle (IMC) est la plus utilisée. L’IMC est calculé en divisant le poids corporel en kilogrammes par la taille en mètres carrés (kg/m2). Ainsi, différents degrés d’obésité sont établis comme le montre le tableau suivant (2) :

 

 

Grade 1 IMC compris entre 30 et 35 kg/m2
Grade 2 (obésité sévère) IMC compris entre 35 et 40 kg/m2
Grade 3 (obésité morbide) IMC supérieur à 40 kg/m2

 

 

Chez les adultes, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère que les personnes dont l’IMC est supérieur ou égal à 30 sont obèses (1). La progression vers l’état d’obésité implique une modification des caractéristiques du tissu adipeux et le développement d’une inflammation chronique de bas grade. Cet état se caractérise par une augmentation des taux d’acides gras libres dans le système circulatoire, des facteurs pro-inflammatoires ainsi que l’activation et l’infiltration de cellules immunitaires aux sites de l’inflammation (3). En outre, l’obésité s’accompagne souvent d’un profil spécifique de dyslipidémie, défini comme une anomalie métabolique entraînant une augmentation des concentrations circulantes de cholestérol et de triglycérides dans le sang, ce qui constitue l’un des principaux facteurs de risque de développement de cardiopathies ischémiques (4, 5).

 

Risques liés à l’obésité

Les patients souffrant d’obésité courent un risque élevé de développer un certain nombre d’affections susceptibles d’affecter considérablement leur vie quotidienne et d’augmenter les risques de mortalité (3), notamment les suivantes :

  • Les maladies cardiovasculaires, telles que les maladies coronariennes, l’insuffisance cardiaque, l’hypertension, les accidents vasculaires cérébraux, la fibrillation auriculaire et la mort cardiaque subite (6).
  • Troubles gastro-intestinaux, y compris le reflux gastro-oesophagien, la dyspepsie fonctionnelle, le syndrome du côlon irritable, la diverticulose, les maladies inflammatoires de l’intestin, la pancréatite et le cancer gastro-intestinal. En outre, l’obésité peut influencer négativement la réponse à un traitement spécifique des troubles gastro-intestinaux (7).
  • Le diabète de type 2, surtout lorsque l’obésité survient pendant l’enfance et l’adolescence, ce qui augmente le risque de développer un diabète de type 2 chez les jeunes et les jeunes adultes (8).
  • Troubles musculo-squelettiques. L’impact dépendra du degré d’obésité présent. Le principal problème à cet égard réside dans la charge qui pèse sur le système musculo-squelettique au fil du temps, entraînant principalement une déformation et un affaiblissement des os et des muscles (3). Les pathologies possibles sont l’ostéoarthrite, les lombalgies, l’ostéoporose et la polyarthrite rhumatoïde (9).
  • Problèmes respiratoires, entraînant des modifications de la mécanique des poumons et de la paroi thoracique, qui provoquent à leur tour l’asthme et des symptômes de type asthmatique tels que la dyspnée ou la respiration sifflante (10).
  • Problèmes psychologiques. En particulier, il existe une relation réciproque entre la dépression et l’obésité. L’obésité augmente le risque de dépression et la dépression peut prédire le développement de l’obésité (11). En outre, il existe de nombreuses voies reliant le stress et l’obésité (12).
  • Le cancer. L’obésité est un facteur de risque pour plusieurs types de cancer, notamment le cancer du sein, du côlon, de l’endomètre, des ovaires, du pancréas, du foie et de l’estomac. Les patients obèses atteints de cancer ont tendance à avoir un pronostic plus défavorable, une moins bonne réponse aux traitements standard et sont plus susceptibles de développer une maladie métastatique que les personnes de poids normal (13).
  • COVID-19. De multiples études scientifiques ont révélé que les personnes souffrant d’obésité présentent un risque accru de COVID-19 grave et d’en mourir (14).

L’obésité en chiffres

Selon les données de l’OMS, l’obésité a presque triplé dans le monde depuis 1975. Par ailleurs, selon ses dernières estimations, en 2016, plus de 650 millions d’adultes âgés de 18 ans et plus étaient obèses, ce qui correspond à 13 % de la population mondiale de cette tranche d’âge.
La majorité de la population mondiale vit dans des pays où le surpoids et l’obésité font plus de victimes que l’insuffisance pondérale, définie par un IMC inférieur à ce qui est considéré comme sain.
Quant à l’obésité infantile, en 2016, l’OMS rapporte que 41 millions d’enfants de moins de cinq ans étaient en surpoids ou obèses. La même année, plus de 340 millions d’enfants et d’adolescents (âgés de 5 à 19 ans) étaient en surpoids ou obèses (1).
Pour illustrer l’augmentation de l’obésité dans les pays développés, nous présentons un graphique issu d’une étude menée sur la population américaine (Figure 1), où, de 1999-2000 à 2017-2018, la prévalence de l’obésité est passée de 30,5 % à 42,4 %, et la prévalence de l’obésité sévère de 4,7 % à 9,2 % (15).

 

Figure 1. Tendances de l’obésité ajustée à l’âge et de la prévalence de l’obésité sévère chez les adultes âgés de 20 ans et plus : États-Unis, 1999-2000 à 2017-2018. (15)

Causes

L’obésité est une maladie multifactorielle, qui peut être causée par un déséquilibre énergétique, certaines conditions médicales génétiques ou endocriniennes, ou certains médicaments.

  • Un déséquilibre énergétique signifie que la quantité de calories (énergie) obtenue à partir des aliments et des boissons est différente de la quantité de calories utilisée par le corps. Lorsque l’organisme absorbe plus de calories qu’il n’en utilise, il stocke les graisses, ce qui conduit finalement au développement de l’obésité (16).
  • En ce qui concerne les conditions médicales génétiques, on a constaté que plusieurs syndromes d’origine génétique sont associés au développement de l’obésité. Il s’agit notamment du syndrome de Prader-Willi et du syndrome de Bardet-Bield (17,18).
  • En ce qui concerne les troubles endocriniens, il convient de noter les éléments suivants :
    •  L’hypothyroïdie, bien que la relation de cause à effet puisse être controversée, car s’il est clair que l’hypothyroïdie est associée à la prise de poids, des études ont été réalisées ces dernières années indiquant que les modifications de l’hormone stimulante de la thyroïde pourraient être secondaires à l’obésité (19).
    •  Le syndrome de Cushing, un trouble causé par un déséquilibre hormonal caractérisé principalement par un excès de cortisol (16).
    •  Certaines tumeurs, comme le craniopharyngiome, qui peuvent entraîner une obésité grave en se développant près des parties du cerveau qui contrôlent la faim (16).
  • Enfin, l’obésité peut être causée par les effets secondaires de certains médicaments, tels que les corticostéroïdes, les antihypertenseurs, les antihyperglycémiants ou les antidépresseurs (20).

 

Facteurs de risque.

Les facteurs de risque associés à l’obésité peuvent être non génétiques ou environnementaux, comme l’inactivité physique, l’âge, les mauvaises habitudes alimentaires ou même le manque de sommeil ; et génétiques, principalement donnés par certaines mutations génétiques survenant dans des gènes liés au métabolisme (21, 22). De plus en plus de preuves établissent un lien entre les interactions gènes-environnement et l’obésité. Une multitude d’études ont révélé une influence de 40 à 70 % des facteurs génétiques sur les variations de l’IMC (23). En outre, plusieurs études d’intervention diététique démontrent la relation entre la réponse métabolique aux régimes hypocaloriques et plusieurs variantes génétiques, notamment celles liées à l’obésité, au diabète de type 2, au métabolisme et aux préférences alimentaires. Les résultats obtenus dans ces études tendent à soutenir des interventions diététiques de précision tenant compte des prédispositions génétiques des individus.

 

Prévention

La plupart des cas d’obésité et des affections connexes peuvent être évités. Les recommandations de l’OMS dans ce domaine sont les suivantes : limiter les apports énergétiques provenant des graisses et des sucres ; augmenter la consommation de fruits, de légumes, de légumineuses, de céréales complètes et de noix ; et pratiquer une activité physique régulière (1). Au-delà de ces recommandations, les mesures de prévention peuvent varier fortement en fonction du degré d’obésité, de la prédisposition et des causes de l’obésité, notamment dans les cas où la cause est génétique.

 

24Génétique et obésité

Lorsqu’il s’agit d’une alimentation équilibrée, il est très important de prendre en compte les particularités de chaque personne. La nutrigénétique, définie comme la discipline qui étudie la réponse à la nutrition en fonction de chaque génotype, est indispensable pour prendre en compte ces particularités. Avec le test nutrigénétique 24Genetics, il est possible d’étudier, pour chaque personne, la prédisposition à perdre du poids, la plus ou moins grande efficacité de différents types de régimes et d’autres facteurs liés à l’alimentation, tels que les tendances à manger de manière émotionnelle, à grignoter ou à consommer des sucreries, parmi de nombreuses autres données.

En outre, le sport est l’autre facteur fondamental de la prévention et de la lutte contre l’obésité. Pour tirer le meilleur parti des séances d’entraînement, il est nécessaire de les planifier intelligemment, sur la base de la connaissance de nos capacités et de nos limites. Le test sportif 24Genetics fournit des informations sur les profils cardiovasculaire, métabolique et musculaire ou sur le risque de subir des blessures. Ces informations, ainsi que les conseils d’un professionnel, peuvent vous aider à définir une routine sportive optimale.

 

Bibliographie

1. Obesidad y sobrepeso [Internet]. [cited 2022 Feb 17]. Available from: https://www.who.int/es/news-room/fact-sheets/detail/obesity-and-overweight

2. Meldrum DR, Morris MA, Gambone JC. Obesity pandemic: causes, consequences, and solutions-but do we have the will? Fertility and sterility [Internet]. 2017 Apr 1 [cited 2022 Feb 18];107(4):833–9. Available from: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28292617/

3. Fruh SM. Obesity: Risk factors, complications, and strategies for sustainable long‐term weight management. Journal of the American Association of Nurse Practitioners [Internet]. 2017 Oct 1 [cited 2022 Feb 17];29(Suppl 1):S3. Available from: /pmc/articles/PMC6088226/

4. Trautwein EA, McKay S. The Role of Specific Components of a Plant-Based Diet in Management of Dyslipidemia and the Impact on Cardiovascular Risk. Nutrients [Internet]. 2020 Sep 1 [cited 2022 Feb 17];12(9):1–21. Available from: /pmc/articles/PMC7551487/

5. Musunuru K. Atherogenic Dyslipidemia: Cardiovascular Risk and Dietary Intervention. Lipids [Internet]. 2010 Oct [cited 2022 Feb 17];45(10):907. Available from: /pmc/articles/PMC2950930/

6. Koliaki C, Liatis S, Kokkinos A. Obesity and cardiovascular disease: revisiting an old relationship. Metabolism: clinical and experimental [Internet]. 2019 Mar 1 [cited 2022 Feb 17];92:98–107. Available from: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30399375/

7. Emerenziani S, Guarino MPL, Asensio LMT, Altomare A, Ribolsi M, Balestrieri P, et al. Role of Overweight and Obesity in Gastrointestinal Disease. Nutrients [Internet]. 2020 Jan 1 [cited 2022 Feb 17];12(1). Available from: /pmc/articles/PMC7019431/

8. la Sala L, Pontiroli AE. Prevention of Diabetes and Cardiovascular Disease in Obesity. International Journal of Molecular Sciences [Internet]. 2020 Nov 1 [cited 2022 Feb 18];21(21):1–17. Available from: /pmc/articles/PMC7663329/

9. Anandacoomarasamy A, Caterson I, Sambrook P, Fransen M, March L. The impact of obesity on the musculoskeletal system. International Journal of Obesity 2008 32:2 [Internet]. 2007 Sep 11 [cited 2022 Feb 22];32(2):211–22. Available from: https://www.nature.com/articles/0803715

10. Dixon AE, Peters U. The effect of obesity on lung function. Expert review of respiratory medicine [Internet]. 2018 Sep 2 [cited 2022 Feb 18];12(9):755–67. Available from: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30056777/

11. Luppino FS, de Wit LM, Bouvy PF, Stijnen T, Cuijpers P, Penninx BWJH, et al. Overweight, obesity, and depression: a systematic review and meta-analysis of longitudinal studies. Archives of general psychiatry [Internet]. 2010 Mar [cited 2022 Feb 18];67(3):220–9. Available from: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20194822/

12. Tomiyama AJ. Stress and Obesity. Annual review of psychology [Internet]. 2019 Jan 4 [cited 2022 Feb 18];70:703–18. Available from: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29927688/

13. O’Flanagan CH, Bowers LW, Hursting SD. A weighty problem: metabolic perturbations and the obesity-cancer link. Hormone molecular biology and clinical investigation [Internet]. 2015 Aug 1 [cited 2022 Feb 21];23(2):47–57. Available from: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26167982/

14. Mohammad S, Aziz R, al Mahri S, Malik SS, Haji E, Khan AH, et al. Obesity and COVID-19: what makes obese host so vulnerable? Immunity and Ageing. 2021 Dec 1;18(1). 

15. Hales CM, Carroll MD, Fryar CD, Ogden CL. Prevalence of Obesity and Severe Obesity Among Adults: United States, 2017-2018 Key findings Data from the National Health and Nutrition Examination Survey. 2017 [cited 2022 Feb 21]; Available from: https://www.cdc.gov/nchs/products/index.htm.

16. Overweight and Obesity | NHLBI, NIH [Internet]. [cited 2022 Feb 18]. Available from: https://www.nhlbi.nih.gov/health-topics/overweight-and-obesity

17. Forsythe E, Beales PL. Bardet-Biedl syndrome. European journal of human genetics: EJHG [Internet]. 2013 Jan [cited 2022 Feb 18];21(1):8–13. Available from: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22713813/

18. Tan Q, Orsso CE, Deehan EC, Triador L, Field CJ, Tun HM, et al. Current and emerging therapies for managing hyperphagia and obesity in Prader-Willi syndrome: A narrative review. Obesity reviews: an official journal of the International Association for the Study of Obesity [Internet]. 2020 May 1 [cited 2022 Feb 18];21(5). Available from: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31889409/

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20. Wharton S, Raiber L, Serodio KJ, Lee J, Christensen RAG. Medications that cause weight gain and alternatives in Canada: a narrative review. Diabetes, Metabolic Syndrome and Obesity: Targets and Therapy [Internet]. 2018 [cited 2022 Feb 18];11:427. Available from: /pmc/articles/PMC6109660/

21. Heianza Y, Qi L. Gene-Diet Interaction and Precision Nutrition in Obesity. International journal of molecular sciences [Internet]. 2017 Apr 7 [cited 2022 Feb 18];18(4). Available from: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28387720/

22. Hanson JA, Huecker MR. Sleep Deprivation. StatPearls [Internet]. 2022 [cited 2022 Feb 18]; Available from: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31613456/

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